Je me prête à l’exercice avant de le proposer aux artistes que j’ai très envie de vous faire rencontrer. Je m’appelle Aurélie Bravin, je suis parisienne de naissance, cheffe de projets dans une compagnie d’assurance, maman de deux garçons, collagiste, peintre, brodeuse et parfois poétesse. J’adore créer des liens et réunir des personnes qui n’ont a priori rien à voir l’une avec l’autre et découvrir qu’il y a toujours des connexions et des liens à créer. Je suis un être social qui a besoin de voir du monde tous les jours même si j’apprécie aussi les moments de calme, en particulier pour créer.
Pourquoi tu crées ?
Autodidacte, créer me sert à la fois d'échappatoire et de catharsis. Je créé en fonction des mes envies du moment avec un ou plusieurs médiums (broderie, dessin, écriture, collage, peinture,...). Je dessine ou je peins toujours à partir d’un modèle : que ce soit une photo ou un lieu dans lequel je me situe et que je représente. J’adore les contraintes, elles boostent la créativité. Cette année je suis le challenge annuel du Paris collage collective qui propose un workbook avec une photo de référence par semaine. Je crée donc cette année au moins un collage par semaine.
Est-ce qu'être artiste a toujours été une évidence ?
Pas du tout ! J’ai cependant toujours aimé les travaux manuels et été fascinée par les artistes. Je ne pensais pas pouvoir un jour me considérer comme une artiste. J’ai côtoyé un certain nombre d’artistes pour comprendre qu’il n’existait pas une définition d’artiste mais un nombre infini.
Quelle est ta définition d'artiste ?
Un artiste est d’abord une personne qui crée, curieuse, ouverte sur le monde et sensible. Ensuite, son univers est reconnaissable, il a une patte, une identité qui se reconnait malgré la diversité des médiums et des thèmes abordés. Je pense qu’un artiste a un besoin vital de créer et que les moteurs peuvent être très différents d’un artiste à l’autre.
Où vis-tu ?
J’ai toujours vécu à Paris dans mon cher 14ème arrondissement. Je ne m’imagine pas vivre ailleurs.
Où crées-tu ?
Je crée chez moi, dans mon salon ou en extérieur. Je n’ai pas d’atelier.
Avec quelques matériaux ?
Je crée avec des magazines et un bâton de colle pour les collages. Je me sers des crayons de couleurs et des feutres lorsque je dessine. Pour la peinture, j’utilise de l’aquarelle et des pastels à l’huile Sennelier. Pour la broderie, mes fils de prédilection sont ceux de chez DMC et Au vers à soie.
Tes sources d'inspiration ?
Je m’inspire de ce qui m’entoure : des photos que je prends et des paysages dans lesquels je me trouve. Je m’inspire parfois de l’actualité lorsqu’elle me révolte et que j’ai besoin de l’exprimer. Avec les collages, je commence toujours par une image qui me parle et je lui trouve ensuite d’autres images qui lui répondent, que ce soit grâce à la couleur, à une forme ou à une association d’idées.
Ton processus de création ?
Jamais de brouillon ! D’aussi loin que je me souvienne, c’est à dire à l’école primaire, j’ai toujours détesté faire des brouillons. J’avoue par contre utiliser la gomme pour certains dessins.
Pour le figuratif et les collages, je pars toujours d’une image ou de ce que je vois autour de moi. Il m’arrive de faire de l’abstrait et dans ce cas, je pars de la couleur, des textures et ensuite des formes.
Lorsque je n’ai pas d’inspiration mais que j’ai besoin de me poser et d’utiliser mes mains, je suis un cours ou un atelier en ligne. La plupart du temps, le fait de me lancer et de faire me donne ensuite d’autres idées de création.
Ce que tu aimes dans le fait d’être artiste ?
J’aime par dessus tout produire de mes mains des oeuvres tangibles. Mon métier, qui me plaît, est fait de beaucoup de relationnel et d’écrits produits à partir de mails et d’outils bureautique. Il n’est pas possible de toucher du doigt le résultat de mon travail. C’est pour cela que j’ai toujours eu besoin de créer de mes mains en dehors du travail.
Ce que tu trouves difficile ?
La fatigue et le manque de temps pour produire et trouver de l’inspiration sont des caps compliqués à passer. Le plus dur est de résister à l’envie de créer lorsque je dois travailler ou m’occuper des enfants.
Vis-tu de ton art ? Quelles sont tes sources de revenus ?
Je vis de mon travail salarié de cheffe de projet. Je n’ai encore jamais osé me lancer dans la vente d’oeuvres. Etant un animal social qui a besoin de collègues au quotidien, je ne m’imagine pas pouvoir être un jour artiste à temps plein. Je me dis qu’un jour je travaillerai à temps partiel pour m’investir plus dans mon art.
Quel est l’impact de la maternité sur la création ?
C’est en voyant mon fils ainé en maternelle faire des progrès fulgurants en dessin que j’ai compris que seule une pratique assidue et le fait de se lancer me permettrait d’un jour pouvoir être artiste. C’est donc grâce à lui que j’ai commencé les cours de dessin en ligne. Pendant plusieurs mois, j’ai comme lui, dessiné tous les jours, et c’est là que j’ai vu les progrès et la confiance s’installer progressivement.
La maternité a également un impact direct sur le temps et l’espace disponible (physique et intellectuel) pour produire. C’est à la fois frustrant et motivant. Je peux me sentir frustrée de ne pas avoir assez de temps pour terminer, pour laisser mon matériel trainer,… Mais dès que j’ai un peu de temps seule devant moi, j’ai une grande motivation pour mettre en oeuvre mes idées dans un temps rapide.
A quoi ressemblent tes journée ?
Métro, boulot, enfants, dodo la plupart du temps. J’utilise les vacances pour créer en plein air. Je crée également le soir quand les enfants sont couchés et le weekend.
Tes doutes, tes peurs ?
J’ai eu un parcours académique très classique : lycée général, prépa HEC, école de commerce puis j’ai commencé par travailler dans un cabinet d’audit (EY). J’ai le syndrome de la bonne élève. Comme je ne coche pas forcément les cases attendues pour un artiste, j’ai le sentiment de ne pas toujours être légitime. Il m’arrive donc de douter de moi.
Avec la fatigue, le stress et le rythme assez intense, j’ai souvent peur que la créativité s’arrête et de ne pas trouver le temps de créer.
Ton rêve, tes ambitions ?
J’adorerai pouvoir un jour exposer mes oeuvres !
Je rêve d’avoir un jour un atelier avec de la place pour créer, exposer et partager.
Echange et partage
Vous l’avez compris, j’adore discuter sur tous les sujets et le partage d’expériences. Si vous avez envie de m’écrire, de me répondre, je lirai vos mots avec grand plaisir.
Si vous avez envie que je partage avec vous sur un thème en particulier ou si vous souhaitez en savoir plus sur une artiste, n’hésitez pas à m’écrire.
A très vite pour la prochaine rencontre ! D’ici là, portez vous bien.
